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Plan du site Introduction à l'idée du labyrintheNoteCe texte est encore dans une version préliminaire et un peu maladroite, qui ne me satisfait pas beaucoup. Mais je crois que les idées qu'il développe méritent d'être exposées maintenant, même dans cet état. Si quelque lecteur bienveillant (ou même malveillant) peut m'aider de ses commentaires ou de ses suggestions, qu'il en soit remercié à l'avance.RésuméLe mot labyrinthe a plusieurs sens qu'on néglige habituellement de distinguer. Il résulte de cette confusion une contamination de ces différents sens entre eux. En conséquence, le discours sur le labyrinthe est devenu très obscur et compliqué.Le mot nous vient du mythe de Thésée et du Minotaure. Il porte avec lui tout le mystère du mythe. Comme tous les mots, le mot labyrinthe a un sens propre et un sens figuré ; et comme pour tous les mots qui désignent des êtres mythologiques ou mythiques, son sens propre est celui du mythe. Il en est ainsi du centaure et de la licorne, du Minotaure et de Cerbère. Il serait absurde de chercher le sens du mot cerbère en examinant son application au gardien de buts du hockey sur glace. Et c'est pourtant ce qu'on tente de faire avec le labyrinthe. Plusieurs auteurs discutent du vrai et du faux labyrinthe en parlant des différents dessins ou édifices qui portent ce nom, et cherchent à démontrer ou à convaincre que le vrai labyrinthe est celui qui n'a qu'un seul chemin vers le centre, ou encore le palais du roi Minos. Si on dit que le vrai labyrinthe, au sens propre, est celui du mythe, on laisse entendre que tous les autres labyrinthes ne le sont qu'au sens figuré. Et ceci n'implique pas que le labyrinthe du mythe ait vraiment existé : il s'agit d'une notion, d'une idée, qui est indépendante de son existence objective ou historique. Donc le seul vrai labyrinthe serait celui du mythe. C'est-à-dire que c'est en lui que se retrouvent tous les aspects de l'idée du labyrinthe. Les autres labyrinthes ne le seraient que métaphoriquement, quoique existant ou ayant existé réellement. Ce qu'en dit le dictionnaireL'exemple des deux dictionnaires français les plus populaires illustre bien le problème(quelques mots abrégés dans ces dictionnaires sont complétés ici pour faciliter la lecture). Le Petit Larousse (2003) : (grec laburinthos). 1. Édifice légendaire, attribué à Dédale, dont la complexité du plan rendait l'issue introuvable (voir partie noms propres). 2. ARCHITECTURE : Composition en méandres, de plan centré, du pavement de certaines grandes églises du Moyen Âge, que les fidèles suivaient à genoux. 3. Petit bois ou plantation de haies aux allées entrelacées de telle sorte qu'on s'y égare, qu'on s'y perde facilement. 4. Réseau compliqué de chemins où l'on a du mal à s'orienter. 5. Complication inextricable. Le labyrinthe de la procédure. 6. MÉDECINE : Ensemble des parties qui composent l'oreille interne (limaçon ou cochlée, vestibule et canaux semi-circulaires). (noms propres) : Demeure légendaire du Minotaure, en Crète ; en réalité, palais de Minos à Cnossos. Ruines du temple et de la pyramide funéraires d'Amenemhat III, dans le Fayoum. Le Petit Robert (1991) : (Lebarinthe, 1418 ; latin labyrinthus, grec laburinthos). • 1° Antiquité : Enclos qui enfermait des bois coupés par un réseau inextricable de sentiers, des bâtiments, des galeries aménagées de telle sorte qu'une fois engagé à l'intérieur, on ne pouvait en trouver l'unique issue. Thésée sortit du labyrinthe grâce au fil d'Ariane. - Par extension : Réseau compliqué de chemins tortueux, de galeries dont on a peine à sortir. V. Dédale, lacis. « Un labyrinthe de ruelles, emmêlées, tortueuses » (Maupassant). - Figuré (XVIe s.) : Complication inextricable. V. Enchevêtrement. « Je m'y retrouvai dans un labyrinthe d'embarras, de difficultés » (Rousseau). Le labyrinthe de ses pensées. • 2° Dans un parc, un jardin, petit bois coupé d'allées entrelacées. « Un labyrinthe en charmille » (Musset). • 3° Architecture : Dallage en méandres du pavement de certaines églises, dit aussi Chemin de Jérusalem, que les fidèles suivaient à genoux. Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres. • 4° (1690) Anatomie : Ensemble des cavités sinueuses de l'oreille inerne. L'idée du labyrintheL'idée du labyrinthe comporte un certain nombre de facettes qu'il est important de bien distinguer. Ces diverses facettes correspondent à des sens différents du mot qui sont souvent confondus par plusieurs auteurs, de sorte qu'il se produit une contamination de chacun de ces sens par les autres. Il résulte de ceci que le discours sur le labyrinthe est devenu très obscur et très compliqué, particulièrement à cause de ses dimensions métaphorique et symbolique, alors que le phénomène est en lui-même relativement simple.J'essaierai donc ici d'éclaircir et de distinguer ces différents sens, de façon à faciliter la visite de ce site et éventuellement l'étude plus approfondie du phénomène passionnant qu'est le labyrinthe. Il serait peut-être opportun de dire ici que l'étymologie du mot est loin de faire l'unanimité, et qu'elle est donc de peu d'utilité. Il semble que le mot soit apparu dans le contexte du mythe de Thésée et du Minotaure, où il désignait un lieu fait de main d'homme (par l'architecte Dédale). La forme de ce lieu n'y est pas décrite : elle se trouve quelque part entre un chaos informe et un édifice à la géométrie très complexe. Sa fonction semble être celle d'une prison où l'on peut entrer librement mais d'où l'on ne peut sortir. Thésée en est sorti à l'aide du fil d'Ariane, Dédale lui-même, qui l'avait construit, a dû se fabriquer des ailes pour s'en échapper par la verticale. On peut penser que cette image complexe et mystérieuse a motivé l'application, par les grecs anciens, du mot labyrinthe à certains édifices quasi légendaires, grands et complexes. Par la suite, ces édifices ont été considérés comme les vrais labyrinthes originaux et historiques, celui du mythe n'ayant évidemment aucune existence réelle. Le dessin du labyrintheLe premier labyrinthe était un dessin. Je crois en effet qu'il est antérieur au mythe. Il a éventuellement reçu le nom de labyrinthe de façon métaphorique, sans doute à cause de son apparente complexité et aussi du mystère lié à ce chemin résultant de ce simple dessin. Puis, à cause du nom, il est resté associé au mythe et en est devenu l'illustration.Le labyrinthe classique, dont il s'agit ici, est un dessin dont les lignes définissent un chemin unique de l'extérieur vers le centre en couvrant toute la surface disponible. Ce dessin s'est développé indépendamment du mythe crétois de Thésée et du Minotaure, et ne s'appelait pas alors labyrinthe. Je pense que ceci s'est passé avant même l'apparition du langage parlé, par conséquent longtemps avant la construction du mythe. Parmi d'autres dessins de cercles concentriques, de spirales et de labyrinthes rudimentaires, longtemps après l'invention de la ligne tracée sur le sable à l'aide d'une baguette ou sur une pierre à l'aide d'une autre pierre, et sans doute après plusieurs millénaires de tâtonnements, est apparu un jour le dessin du labyrinthe que, par commodité, nous appelons maintenant crétois. Trois formes principales du dessin du labyrinthe classique sont connues : le labyrinthe crétois, déjà mentionné, qui est d'origine préhistorique ; le labyrinthe romain, qu'on retrouve dans l'Empire romain ; le labyrinthe médiéval, de structure rythmique, d'abord utilisé comme illustration de manuscrits depuis le début du 9e siècle, puis incorporé au sol de plusieurs cathédrales et édifices religieux à partir du 12e siècle et surtout au 13e siècle. À partir du 15e siècle on commence à dessiner des labyrinthes à plusieurs chemins, à la fois comme jeu, et comme représentation plus réaliste du labyrinthe mythique, qui était conçu pour qu'on s'y perde, contrairement au labyrinthe des dessins antérieurs, qui ne comporte qu'un seul chemin. Au 16e siècle, on commence à dessiner des interprétations tridimensionnelles du labyrinthe classique, qui jusqu'alors avait toujours été bidimensionnel. Ces représentations tridimensionnelles en perspective se sont intéressées principalement au labyrinthe médiéval. L'histoire plus récente du motif graphique du labyrinthe continue à explorer ces diverses avenues. Un seul modèle nouveau de labyrinthe classique, non daté, est digne de mention: celui des amérindiens Pima-Papago-Tohona 'O'odham du sud de l'Arizona, qui est apparenté au labyrinthe crétois. Dans la tradition ancienne et médiévale on ne parle jamais du motif graphique comme tel, mais on l'utilise couramment comme illustration du labyrinthe du mythe, laissant même supposer qu'il en représente la forme. Des auteurs récents entretiennent encore cette ambiguïté. Le labyrinthe mythiqueLe deuxième labyrinthe, celui du mythe, a sans doute été le premier à s'appeler labyrinthe. On ne peut évidemment pas dater l'apparition de ce mythe, qui est probablement très antérieure aux artéfacts de l'archéologie.Les versions les plus anciennes du mythe crétois que nous connaissons sont de plus de mille ans postérieures aux événements historiques associés à ce mythe. Au moins 50 générations séparent donc ces deux époques : 50 générations d'interprétations, d'embellissements, de dramatisations. Ceci justifie une grande prudence dans la recherche des fondements historiques du mythe. D'autre part, je crois que le mythe du labyrinthe et du Minotaure est très antérieur à l'histoire crétoise, laquelle n'aurait donc pas été à l'origine du mythe, mais aurait plutôt été récupérée au passage et réinterprétée par le mythe. De même, plutôt que d'avoir été développé comme interprétation ou représentation du mythe, le dessin ancien du labyrinthe, préexistant au mythe, aurait été récupéré après coup par le mythe pour en devenir une illustration. C'est ainsi qu'il aurait pris le nom de labyrinthe. D'après les différentes versions du mythe, le labyrinthe mythique a été construit de main d'homme, par Dédale. Étant une construction, il comportait donc nécessairement certains aspects d'ordre, d'organisation, d'ordonnancement, qui ne sont cependant pas décrits dans le mythe. Son organisation générale semble même échapper à Dédale, qui l'a pourtant construit. Si on s'en tient aux textes relatant le mythe, le labyrinthe pourrait aussi bien n'être qu'un puits de sables mouvants dont le fond incliné en forme d'entonnoir dirigerait les pauvres visiteurs vers le centre en les empêchant de ressortir. Quelque part au centre se trouve l'endroit d'où le prisonnier ne peut s'échapper, sinon avec l'aide d'un fil fixé à l'extérieur, comme Thésée, ou par la verticale, comme Dédale. Le labyrinthe n'était donc pas couvert : il n'était donc ni simple édifice architectural ni caverne. Le labyrinthe architecturalLe troisième labyrinthe est architectural, au sens de construit pour être praticable, c'est-à-dire parcouru physiquement. Il ne s'agit donc pas seulement d'un motif graphique ou d'un dessin, mais d'une construction architecturale. Les premiers labyrinthes architecturaux, ceux de l'antiquité grecque, étaient ainsi nommés non pas à cause d'une forme architecturale particulière, mais métaphoriquement et aprè coup, en référence à celui du mythe, à cause de leur grande complexité, qui semblait les rendre inextricables. C'est ainsi qu'Hérodote et d'autres auteurs grecs anciens parlent de divers labyrinthes dont la plupart ne sont connus que par des témoignages antérieurs et sont déjà disparus au moment où ces auteurs en écrivent.Plusieurs auteurs croient encore que le labyrinthe du mythe était un de ces édifices (le palais de Cnossos), ou que le Dédale du mythe s'en serait inspiré (labyrinthe d'Égypte) pour construire le sien. Ceci est impossible si on accepte que le mythe soit antérieur à l'histoire crétoise et à ces édifices. Les labyrinthes de sol médiévaux ne sont pas vraiment des labyrinthes architecturaux : ils sont plutôt un agrandissement du motif graphique, utilisé comme décoration ou ornement architectural dont la fonction originale est encore inconnue. Les labyrinthes de jardins apparaissent avec les jardins baroques. Le dessin de ces labyrinthes est de géométrie plus ou moins stricte mais il comporte toujours plusieurs chemins. Il ne correspond donc pas à la définition du labyrinthe classique. Il existe en Europe du Nord une tradition de grands labyrinthes extérieurs. En Scandinavie, on a utilisé le modèle crétois, souvent en version augmentée (avec un nombre de cercles supérieur à celui de l'original). En Grande-Bretagne, on a utilisé le modèle médiéval de Chartres, parfois aussi augmenté. La datation de ces installations est difficile, mais elles ne semblent pas antérieures aux grands labyrinthes de sol médiévaux. Le labyrinthe comme métaphoreLe labyrinthe est souvent utilisé comme métaphore, c'est-à-dire comme faisant partie d'une comparaison où les deux termes de la comparaison sont identifiés l'un à l'autre plutôt que simplement comparés. Sont ainsi appelés labyrinthes ou labyrinthiques, des édifices, des ouvrages (même littéraires), des situations ou tout autre objet qu'on considère particulièrement complexe et inextricable.C'est ainsi que les édifices anciens qui ont été appelés labyrinthes l'ont été par référence métaphorique au labyrinthe du mythe et à sa grande complexité, qui semblait ˆtre la cause de son inextricabilité. De la même façon, le dessin classique du labyrinthe a reçu le nom de labyrinthe par assimilation métaphorique avec celui du mythe. Mais il existe une utilisation qu'on pourrait dire plus abstraite, de la métaphore du labyrinthe. La littérature moderne l'a fréquemment utilisée pour représenter le réseau très complexe et souvent informe des relations humaines et la situation individuelle inextricable dans laquelle se trouve l'homme contemporain. Cette métaphore renvoie généralement au labyrinthe mythique, mais on utilise souvent le dessin classique pour l'illustrer graphiquement. On retrouve donc encore ici l'ambiguïté habituelle. Ainsi, l'image classique du dessin du labyrinthe fait partie de la métaphore. Ce dessin très structuré géométriquement (et rythmiquement) apporte à la métaphore une dimension d'ordre, de logique interne, de finalité, qui est cependant négligée par les auteurs qui pratiquent cette métaphore. Bien sûr cette dimension n'est pas immédiatement apparente dans la situation à laquelle la métaphore est appliquée (c'est d'ailleurs pourquoi cette métaphore lui est appliquée), mais elle en fait partie et doit donc être cherchée et trouvée.
Le labyrinthe comme symboleJusqu'à un certain point, la différence entre la métaphore et le symbole en est une de forme grammaticale et de degré. En situation de métaphore, on dit que telle chose est (comme) un labyrinthe. En situation de symbole, on dit que le labyrinthe représente telle chose. La métaphore est un procédé artificiel et relativement superficiel, dont le sens est facile à comprendre. La notion de symbole est plus complexe. Le sens symbolique est attaché à l'objet mais il est en partie inconscient et relativement difficile à comprendre. D'après Jung, le symbole psychologique représente une réalité psychique (l'archétype) qui ne peut être connue autrement que par ce symbole. Dans ce sens, le labyrinthe est un symbole. On dit aussi parfois (improprement) qu'il est un archétype, à cause de l'universalité et de la profondeur des significations qu'il porte.Le labyrinthe a ainsi été associé au monde souterrain et à la mort, à l'utérus et au sein maternel et donc à la naissance et à la vie, au cheminement psychologique ou spirituel, à la conduite morale de la vie et au salut qui en est le but, à la rencontre avec l'inconscient ou avec Dieu, à la résolution des problèmes, au pèlerinage et à la croisade médiévale, au champ qu'on laboure... C'est souvent le sens métaphorique qui prend valeur de symbole. En fait, ce serait plutôt le sens symbolique qui fonde la métaphore et la garantit... Dans la littérature récente concernant le labyrinthe, les différents labyrinthes sont souvent traités de façon métaphorique ou symbolique. En particulier, on discute beaucoup du dessin du labyrinthe classique et de ses propriétés comme s'il s'agissait d'une métaphore littéraire ou d'un symbole psychologique et non d'abord d'un dessin. De même pour le labyrinthe architectural. Retour au dessin du labyrintheLe présent site s'intéresse principalement au motif graphique du labyrinthe classique, c'est-à-dire à son dessin, et à diverses propriétés de ce dessin. Il essaie de considérer ce dessin comme autonome et indépendant des autres réalités qui portent aussi, légitimement d'ailleurs, le nom de labyrinthes.En anglais, plusieurs auteurs utilisent indifféremment les mots labyrinth et maze. D'autres critiquent cette pratique et la refusent. Maze se traduit approximativement en français par dédale. Je crois que les deux mots sont, en anglais, exactement synonymes, en particulier quant à la désignation du motif graphique ou du dessin. En français, le mot dédale semble ne devoir s'appliquer qu'au sens métaphorique abstrait du labyrinthe. Le motif graphique s'appellera donc toujours labyrinthe et non dédale.
Pour résumer, on pourrait dire que tout serait plus simple si le motif graphique portait un nom différent. S'il n'avait pas pris du mythe le nom de labyrinthe. Alors une grande partie des contaminations de sens causées par le partage du nom auraient été évitées.
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